Nom : Stéphanie Pansier, Métier : Wingwalkeuse

L’aéronautique comprend une diversité de métiers particulièrement impressionante : entre les ingénieurs, les pilotes, techniciens et autres ouvriers spécialisés, il y en a réellement pour tous les goûts. Et puis, il y a également des métiers plus atypiques comme celui de « Marcheur d’aile », plus connu sous le terme Wing Walkeur. Stéphanie Pansier en était une il y a encore plusieurs mois. Elle a accepté de répondre à nos questions au sujet de ce métier si particulier. 

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Très courant dans les spectacles aériens des années 1920, le Wing Walking est l’acte palpitant qui consiste à se déplacer sur et entre les ailes d’un avion en plein vol. ©Katsuhiko Tokunaga

Entretien avec Stéphanie Pansier, ex Wingwalkeuse

Avant d’intégrer l’équipe des Wing Walkers de Breitling, quel a été votre parcours ?

Avant d’intégrer l’équipe, j’ai eu la joie de réaliser plusieurs autres rêves. J’ai commencé ma carrière en étant hôtesse de l’air VIP sur le Falcon 900 de la République Française qui est basé sur la BA 107 à Villacoublay. Je faisais de ce fait partie de l’Armée de l’Air. Puis j’ai, après un temps, rejoint le civil pour être cette fois-ci hôtesse VIP freelance pour le compte de plusieurs compagnies d’aviation d’affaire basées au Bourget, volant à bord de Falcon 2000 LX.

Lorsque vous étiez hôtesse de l’air, aviez-vous déjà l’envie de vivre une aventure exaltante en devenant wingwalker ? Qu’est ce qui vous a décidé à franchir le pas ?

J’ai découvert le métier de WWK lors d’un meeting aérien. Après quelques temps, j’ai appris qu’ils faisaient des baptêmes de wingwalking en Angleterre et j’ai donc demandé à mes parents de m’en offrir un comme cadeau d’anniversaire. Ce vol a été au-delà de mes espérances. Ca a été une révélation ! J’ai adoré la sensation de voler comme de ses propres ailes, comme si l’avion n’était plus là. Ces sensations sont un peu indescriptibles et j’encourage donc tout le monde à essayer un jour ! En rentrant chez moi, j’ai écrit à la leader pour la remercier de ce moment magique, et lui ai dit que si jamais une place se libérait, qu’ils pouvaient penser à moi. Puis je lui ai transmis mon CV ! Quelques temps plus tard, il y a eu un recrutement et ils m’ont invitée à candidater. J’ai passé les sélections mais ils savaient déjà que j’étais motivée. Ils m’ont donc engagée pour la saison estivale 2016. Toutefois, ils avaient besoin d’une WWK pour voler l’hiver aux Emirats, ils m’ont demandé si j’étais prête à commencer plus tôt. Et me voilà donc WWK dès l’automne 2015 !

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Assister à une démonstration de Wing Walking est toujours un moment rare lors d’un meeting aérien. Peut être en verrez-vous cet été ? ©Katsuhiko Tokunaga

3) Comment s’est déroulée votre première présentation publique comme WWK ?

Ma première présentation publique était en fin d’année 2015 aux championnats de voltige d’Al Ain, aux Emirats. Plusieurs équipes de divers pays s’affrontaient, et nous faisions partie des compétiteurs. Il y avait plusieurs milliers de personnes. J’étais terrifiée ! Il y avait des écrans géants au sol pour que le public puisse nous voir du roulage à l’atterrissage, de près et non-stop. Puis dès les premières secondes vol, j’ai mis de côté le stress, je me suis concentrée sur ma présentation et je me suis éclatée. La sensation du soleil sur la peau, la voltige au-dessus du désert… Pendant le vol, lorsque nous descendions en altitude, je sentais les grains de sable sur mon visage, et lorsque je regardais le public au cours de mon vol, j’ai pu voir à quel point ils appréciaient le spectacle. C’était absolument génial !

4) Quelles sensations vous a procuré ce premier vol sur les ailes d’un Stearman ? A-t-on réellement conscience que cet exercice peut être mortel ?

Mon premier vol était un baptême. Cet exercice n’est pas mortel, pas plus que de traverser la route pour un piéton. Nous sommes constamment attachées, puisqu’avant même de grimper dans l’avion au sol nous attachons un harnais avec un mousqueton vissé autour de la taille et relié en étant également vissé à la structure de l’avion. Celui-ci, ainsi que la manip, sont tous deux vérifiés par notre pilote avant de pratiquer un « double check ». Donc même lorsque nous détachons le harnais interne au cockpit pour sortir et monter sur l’aile, nous sommes attachées. Et lorsque nous montons sur l’aile nous nous attachons immédiatement (via un harnais 5 points qui possède une « safety pin ») à la potence que l’on voit au-dessus de l’aile. En permanence nous sommes donc attachées de manière très sécurisée à l’avion, par au minimum un harnais lors des déplacements, et autrement par deux harnais. Le seul risque pour nous serait donc que l’avion lui-même ait un accident, mais dans ces cas-là, le risque est le même pour n’importe quel avion qui vole.

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©Katsuhiko Tokunaga

5) Actuellement aux Etats-Unis, quels sont vos projets pour les prochaines années ? Peut-on espérer vous revoir marcher sur les ailes d’un avion très prochainement ?

Je dois reconnaître que j’ai du mal à planifier ma vie sur le long terme, préférant saisir les opportunités rencontrées sur mon chemin. Hormis cela, j’aimerais à mon retour en France revoler en tant qu’hôtesse de l’air, mais cette fois-ci au sein d’un équipage afin de connaître cet aspect-là de ce travail (j’ai toujours été sur des jets privés dont j’étais la seule hôtesse). Être en vol me manque je dois l’admettre ! De plus, cela me laisserait également du temps pour écrire. Concernant le wingwalking, même si c’est un métier très fun, je ne pense pas reprendre un jour. J’ai eu la chance de réaliser ce rêve, maintenant place à d’autres nouveaux rêves

Propos recueillis par Jean-François Bourgain

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