On a volé en 737 NG !

Vous vous êtes certainement déjà demandé comment se passe un vol en avion de ligne mais vu du côté cockpit ? Grâce aux simulateurs de vol immersifs professionnels de nos prestataires présents dans toute la France, cela est possible.
Pour vous donner un petit aperçu de ce genre d’offres, voici un Retour d’Expérience (REX) d’une séance réalisée chez notre prestataire de Pontoise.

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Tel un vrai commandant de bord, vous prendrez place à bord de machines servant initialement à la formation des pilotes de ligne !

« Vendredi 2 Novembre, 6h30, un vent de motivation d’une force supérieure à d’habitude me pousse hors du lit. Aujourd’hui, direction l’aéroport de Pontoise Cormeilles, un terrain au nord de Paris, où je pars essayer un simulateur de Boeing 737-800. Pour le pilote privé avion que je suis, ça promet d’être encore une belle expérience aéronautique.

Arrivé sur site après avoir franchi les premières barrières de sécurité de l’aéroport de Pontoise, je trouve relativement facilement les locaux du prestataire chez lequel je suis attendu à 9h30. Il s’agit d’un petit hangar blanc collé à une école de pilotage. Je pousse la porte du bâtiment et, immédiatement, je suis chaleureusement accueilli par Karine suivie, quelques minutes plus tard, par Dominique.  « Bienvenue, voulez-vous un café avant le décollage ?» « Bien sûr, répondais-je »

Les locaux de simulation de notre prestataire de Pontoise, c’est un lieu respirant l’aéronautique. En entrant à gauche, une salle de réunion permet l’accueil de groupes pour les stages de gestion du stress en avion. Au centre, une gigantesque maquette de Boeing 737 accrochée au plafond nous plonge d’ores et déjà dans l’ambiance. Sur le guichet, une petite télévision retranscrit la séance de simulateur en cours. Mon copilote pour le vol, Dominique, m’explique qu’un élève pilote prépare actuellement sa sélection pour intégrer une grande compagnie aérienne Irlandaise. Ainsi, nous n’aurons le simulateur que dans une quinzaine de minutes, le temps de réfléchir au plan de vol. Se dire que le simulateur qu’un vrai pilote de ligne utilise pour son entrainement sera entre ses mains dans quelques minutes est très très jouissif.

ZOOM sur le simulateur du prestataire de Pontoise.
Le simulateur de notre prestataire de Pontoise est une réplique de Boeing 737-800 montée sur une cabine mobile avec 3 degrés de liberté de mouvement. Une machine unique en France à ce jour ! Découlant d’un traditionnel FFS (voir article simu) mais sans la certification adéquate, ce simulateur dispose d’un cockpit immersif reproduisant fidèlement l’intérieure d’un avion de ligne (ici le boeing 737-800 NG) et de projections d’images à 180° vraiment bluffantes. D’ailleurs, certaines de ces machines pourraient être certifiées par l’aviation civile au niveau FNPT II mais leurs opérateurs ne le souhaitent pas pour des raisons de coût. Une stratégie heureuse puisqu’elle permet de rendre le pilotage d’un avion de ligne abordable à tous. Le mouvement de la cabine de pilotage se fait sur 3 degrés : ± 17° en tangage et en roulis et 40 cm de translation sur l’axe verticale. De quoi ajouter un degré de réalisme avec la simulation d’accélérations latérales, longitudinales et verticales…

Je passe ensuite par la petite porte sur la droite, sorte de salle d’embarquement qui s’ouvre à moi, où le poster de compagnie aérienne accroché au mur invite à l’évasion. Quel vol effectué ? Avec une banque de données de plus de 26 000 aéroports dans le monde, le choix est compliqué. Sur le planisphère accroché juste en face de moi, le doute m’envahie. Mon choix se porte finalement sur l’aéroport de Saint-Martin Princess Juliana. Pour tous les pilotes et autres passionnés d’aéronautique, c’est un aéroport magique. Il est célèbre pour sa piste située juste au bord de l’eau, avec une approche très basse à moins de trois mètres au-dessus d’une célèbre plage de l’île, Maho Beach. Autrement dit, ça promet d’être sportif !

Une fois la séance de simulateur de notre « captain » terminée, Dominique m’invite à passer dans une troisième pièce où est fidèlement reproduite la cabine passager d’un 737. Plusieurs rangées de sièges en cuir (probablement de première classe) de récupération meublent l’endroit. Ce sera notre salle de briefing pour le vol. Très pédagogue, Dominique commence ses explications : historique du Boeing 737 puis nous passons sur l’explication de la planche de bord ou une myriade de boutons et de cadrans me sont présentés. Finalement, rien de plus complexe qu’à bord d’un Robin DR-400 mais avec une autre présentation des informations de vol à appréhender et quelques « gadgets » supplémentaires. J’en profite pour découvrir également les spécificités d’un avion à réaction complexe avec des aérofreins, la contre-poussée et d’autres éléments que l’on ne retrouve pas sur avions légers.

Nous décollerons des îles Vierges à 53 nautiques de Saint Martin puis quelques tours de pistes à Juliana sont au plan de vol.

Dans cette cabine de 737 improvisée, Dominique m’invite ensuite à pousser la porte qui aboutirait logiquement, sur un vrai 737, au poste de pilotage. Je m’exécute et nous arrivons dans un hangar où, juste en bas d’un petit escalier, se trouve le simulateur. L’excitation monte et notre futur pilote sort de l’entraîneur, visiblement fatigué de cette longue séance. Les derniers encouragements sont donnés au futur pilote de ligne et c’est à mon tour de m’asseoir en place gauche : la place réservée au Commandant de bord. L’installation se fait sans encombre, certes différemment d’un DR400, pendant que mon copilote commence la programmation de l’ordinateur de bord….et de la météo du jour !! Ce sera un temps clair avec quelques turbulences et un petit vent de travers. Installé en place gauche, je découvre un environnement impressionnant, totalement numérique loin des pendules et autres cadrans des appareils d’anciennes générations. Le terme de NG pour Next Generation prend alors tout son sens. « Tu vois, ça se fait tout seul » me dit Dominique. « Tu rentres la masse de l’avion, les pleins de carburant et l’avion te calcule automatiquement la vitesse de décollage » rajoute t’il. V1 (vitesse de décision à laquelle un décollage ne peut plus être avorté) est prévue à 135kt et VR (Vitesse de Rotation = vitesse de décollage) à 142kt. « A V1, on ne peut plus abandonner le décollage donc tu mettras les deux mains sur le manche. A VR, tu cabres le nez jusque 15° d’assiette. »

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Le simulateur proposé est une réplique à l’échelle 1 de la cabine de pilotage du célèbre Boeing 737-800 NG. La forme du cockpit est très réaliste ainsi que les commandes, sélecteurs et autres instruments de navigation. Les ordinateurs de bord sont fonctionnels. Des écrans sont répartis à 180° pour une vision panoramique totalement immersive.

Le moment du décollage est arrivé : les freins sont en position RTO, 5°de volets affichés, feux et phares sur ON puis je pousse doucement la manette des gazs jusqu’à atteindre 40% N1 sur le cadran des moteurs. Cela laisse juste le temps de vérifier la bonne réponse des deux réacteurs puis c’est parti : puissance max ! (à vrai dire 90% N1) Le passage des 80kt est annoncé, toujours une main sur le manche, l’autre sur les gazs et les pieds sur les palonniers pour maintenir l’axe de piste. V1 puis VR et je cabre doucement le nez de l’appareil pour atteindre 15°. «Passage V2, Vario positif, train sur rentré » m’annonce Dominique. Je collationne afin de contrôler que « mes pendules » indiquent les mêmes informations. Le temps d’effectuer un rapide virage sur la gauche et nous atteignons rapidement notre altitude de transition de 5000ft. Nous sommes autorisés à poursuivre vers les 12 000ft, qui sera notre altitude de croisière. 300kt de badin, l’altimètre devient moins fou et le calme s’instaure dans le poste.

Je découvre que piloter un liner est avant tout une histoire de minutie. Une toute petite action sur le manche et rapidement, les paramètres sont bousculés. Je découvre aussi, par le manque de repères extérieurs, le pilotage aux instruments demandant réellement une concentration toute particulière. Pas de pilote automatique pour le vol, je décide de garder le Jet en mode manuel. La cabine posée sur vérins rend l’expérience plus que réaliste ! Les turbulences, les accélérations, tout y est fidèlement reproduit.

Nous approchons de Saint Martin après 20-25 mins de vol et nous commençons une descente vers 5000ft puis je poursuis vers les 1600ft : altitude à laquelle nous poursuivrons ensuite nos séances de tours de pistes.

A ma gauche, dans une légère brume, perpendiculaire à ma position, la fameuse piste de Saint-Martin se dévoile majestueuse. Mais pas le temps de rêver ! Tout s’accélère et il faut encore configurer la machine, définir la vitesse d’atterrissage… « Nous atterrirons à 140 kt avec 40° de volets pour une approche à vue sur la piste 10 » me brief Dominique pendant que, de mon côté, je m’occupe de maitriser et configurer l’appareil. « Quand nous aurons touché, tu remettras plein gaz et après le décollage, tu corrigeras le cap de 10 degrés à droite. Il y a une montagne en face et un petit passage juste sur la droite qu’il faut prendre. Compris ? » Nous sommes en finale, volets et trains sortis, freinage automatique sur la position 3, aérofreins armés. La vitesse est bonne mais l’axe n’est pas bon. Je bataille pour ré axer mais cela n’est pas si facile à faire avec une machine de 79 tonnes, d’autant que le vent de travers qui me pousse vers la gauche à tendance à m’envoyer vers les taxiways, les hangars et l’aérogare. Finalement, c’est un atterrissage sportif ! En conditions normales, cet atterrissage aurait été intolérable pour un pilote de ligne. Mais pour une première, ce n’est pas trop mal me confit Dominique. Et c’est reparti ! Remise de gaz, V1, VR, le passage entre les montagnes et au bout, une deuxième tentative plus concluante.

Pour le troisième et ultime « touch and go », Dominique, voyant que je me prends au jeu, me met au défi en me proposant un atterrissage contre QFU, autrement dit en abordant la piste par le côté montagne (piste 28). Il s’agit d’une procédure très éloignée des codes traditionnels des compagnies aériennes mais en simulateur, ça reste du « faire semblant » alors pourquoi pas ? La manœuvre consiste en un formidable piqué après le passage des montagnes pour venir se jeter sur la piste… Et là aussi, c’est un atterrissage très mouvementé qui aurait probablement effrayé les passagers.

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Comme pour moi, les moniteurs sauront s’adapter pour vous combler de plaisir. Ainsi, vous choisirez entièrement le programme de votre séance : survol de telle ou telle grande ville ou lieu célèbre ou alors tour de piste pour vous entrainer aux décollages et aux atterrissages.

Au final, voilà une matinée aéronautique pleine d’émotion et de plaisir en compagnie de mon copilote d’un jour. Formidable copilote et professeur à la fois, Dominique et les autres moniteurs (tous pilotes professionnels) savent s’adapter à leur public en proposant des séances adaptées. Je conseille vivement à tous ! »

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